communiqué
Rock the Casbah et break the muezzin. KNMD (Kayo and Nakre Making Dinars) nous met métèque et mat, entre beats qui s’entremêlent, hommages à Fairuz ou Farid El Atrache et échantillons sonores de violons d’Oum Kalthoum et bass-synthés du maestro psyché funk Baris Manço. Turkish delights et mélopées des dunes. Caisses claires et rythmes chauds de Kayo mixées aux boucles fouinées par Nakre sont le sel de « The Med Trip, a journey into Mediterranean flavor », à déguster un mug de thé à la menthe bouillant à la main. Le duo strasbourgeois digger-échantillonneur-beatmeaker prend la poudre d’escampette en Lada. Il s’offre un salvateur trip introspectif et international, un retour aux sources (maghrébines pour Kayo, turcophones pour Nakre), doublé d’un back to the roots nineties, l’abstraction hip-hop façon Mo’Wax, les Assaoira’s atmosphere et autres Sahara shuffle d’Imhotep, architecte en chef des pyramides marseillaises d’IAM, largement cité ici. « Ça doit être beau à entendre, une mer agitée. » Kayo et Nakre profitent du paysage ensoleillé tandis que les breakbeats groovement bien taillés du tandem envahissent l’espace de ces terres orientales. Quatorze titres et un emballage nappé de sauce harissa, un univers graphique sans clôtures ni préfectures signé Nakre. La BO d’un film rétro ne tournant pas le dos à l’actualité contemporaine : nostalgico-exotisme ne rime pas avec mutisme pour Kayo & Nakre qui, en s’échappant vers des cités mythiques telles que Constantinople, n’hésitent pas à faire escale à bord de l’Aquarius, à la rencontre des peuples migrateurs dont ils font partie.

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