Philippe Ochem dirige la SMAC nomade Jazzdor, seule SMAC Jazz de la région Grand Est, créée en 1986.
Cette SMAC nomade, aujourd’hui fortement ancrée au Fossé des Treize à Strasbourg, programme deux festivals, Jazzdor Strasbourg et Jazzdor Berlin, mais propose aussi une programmation à l’année, et accompagne les musiciens dans leur structuration, les aide à financer des temps de création, d’enregistrement …

“On met en miroir des groupes français, des groupes allemands et des créations franco-allemandes […] On essaie de travailler au plus près, et aussi au niveau national et international.”

Comment se construit la programmation d’un festival de jazz ?
Comment les logiques d’accompagnement d’artistes participent de la création d’un réseau de musiciens ?

Philippe Ochem est aussi président du réseau AJC, Association Jazzé Croisé, un collectif de 80 diffuseurs de jazz.
Comment la mise en réseau des diffuseurs participe-t-elle à la visibilité et à la diffusion des artistes ?
Quelles comparaisons, ressemblances et différences avec les réseaux dits de “musiques actuelles” ?

Avec un fort engagement en faveur de l’éducation artistique et culturelle, Jazzdor cherche aussi à faire découvrir le jazz au plus grand nombre.
L’association développe ainsi des résidences, comme celle du Collectif Oh! dans la vallée de Schirmeck, intervient dans des collèges, auprès des quartiers périphériques des grandes villes, et crée des passerelles entre les musiciens en construisant des résidences croisées.

Quels accompagnements ont-ils construits pour aider les musiciens ?
Quelles sont les attentes des musiciens de jazz aujourd’hui ?
Quelles sont leurs optiques et méthodes de création, dans cette musique caractérisée par l’improvisation et une “grande souplesse” dans la constitution des formations collectives ?
Dans une démarche de faire découvrir les musiques créatives au plus grand nombre, quels dispositifs existent ?

Jazzdoor finance aussi, par le biais de productions propres ou de co-productions, des temps de création et d’enregistrement pour les musiciens.
L’association a créé à Berlin le label Jazdoor Series, en partenariat avec la radio nationale Deutschland Funk Kultur, dans l’optique d’enregistrer des concerts et sortir, principalement, des albums live.

“Avec cette musique là, c’est vraiment le live qui prime. La rencontre a lieu ou elle n’a pas lieu, mais c’est pas une science exacte, et heureusement !”

De nombreuses passerelles, nationales et franco-allemandes, mais aussi internationales, se sont ainsi dévelopées au fil du temps, donnant à la scène jazz et ses artistes une ouverture grandissante sur le monde, grâce à des partenariats avec le Kulturburö d’Offenburg, ou encore le Bureau-export de la musique française à Berlin. Cette démarche s’inscrit dans une forte volonté de diffusion, afin de permettre aux artistes de jouer sur les scènes de toute l’Europe.

Et comment Philippe Ochem perçoit-il le jazz, les musiques improvisées ?
Quelles démarches artistiques et esthétiques cherche-t-il à faire découvrir ?

“On vient pas pour écouter quelque chose qu’on connaît, c’est le contraire de la nature même de cette musique”

Interview réalisée par Maylis Cerbelaud
Photo : ©Jean-Baptiste Millot / www.qobuz.com

X
X