Edito

Soyons honnêtes : nous n’aurions jamais eu l’idée de dédier un hors-série entier aux musiques actuelles et surtout pas à l’échelle de la région Grand Est. C’eût été une pure folie. Impossible d’y faire figurer tous les acteurs, de saisir avec précision toutes leurs singularités, leurs enjeux, leur situation. Et de traiter toutes les problématiques inhérentes au milieu, la première étant l’insoluble équation entre l’amenuisement des moyens publics d’abord, privés aussi, et la juste rémunération des acteurs, surtout des artistes. Il aura fallu une petite pichenette de la Région Grand Est, la DRAC leur emboîtant le pas, (traduction : un engagement financier pour soutenir une partie de la production du magazine) pour que nous réalisions d’autant plus l’ampleur de la tâche.

Problème 1
Les éditions régulières du magazine Zut : Strasbourg, Lorraine, Rhin supérieur et Alsace du Nord nous permettent certes d’être au contact du sérail, mais est-ce suffisant ? Spoiler : non.

Problème 2 (qui découle du problème 1)
Que fait-on de la Champagne-Ardenne ? De Reims, de Troyes, que nous ne connaissons pas ? Et de la Meuse alors ? Zut, on a oublié la Haute-Marne !

Problème 3
Toutes les mains de notre équipe réunies ne suffisent pas pour compter les personnalités évoluant dans les musiques actuelles. D’abord parce que certains échappent aux radars officiels, ensuite parce qu’il est tout bonnement impossible de suivre en temps réel tout ce qu’il se passe.

Des solutions, nous en avons trouvées. D’abord, notre expertise dans le domaine (20 ans de presse et d’édition, ça forge le regard) nous a poussés à éditorialiser le contenu. Hors de question de sortir un catalogue des acteurs, structures et initiatives. Il a donc fallu trouver des thématiques, des grandes problématiques et confronter le tout à nos propres envies en ayant bien évidemment conscience que nous laisserions des idées sur le bord de la route. Puis, nous avons pris le temps d’appeler, de rencontrer, de discuter, d’échanger pour bien identifier les lignes de force. On vous la fait courte : tu soulèves une pierre, il y en a une dizaine d’autres qui suivent… Nous avons donc trié, débattu, confronté, fait des choix… Le tout avec un plaisir certain à écouter nos interlocuteurs parler avec passion et engagement de leur projet, de leur équipement, de leurs difficultés aussi.
Une chose est sûre : si la culture et les musiques actuelles sont minés par la précarité, les énergies ne manquent pas et ne demandent même qu’à exploser.

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