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CHICKEN DIAMOND

Biography

Photo de CHICKEN DIAMOND

Le Delta passé à la gégène, cabossé (décabossé) à coup de châtaignes punks, ne surprend plus personne depuis les beaux jours de Fat Possum, et même bien au-delà, Charlie Harper et les Cramps. Le mariage providentiel du blues et du punk a toujours donné de beaux enfants et placé en odeur de sainteté de vieux chevaux de retour comme RL Burnside. D’ailleurs, galvanisé par la vague country-punk qui déferle actuellement, le blues punk a fini par s’émanciper des deux horizons dont il est issu, et devenir un bourdon indépendant. Le one-man-band Chicken Diamond, loa du nord-est hexagonal, hanté par les vanités sidérurgiques qui gonflaient jadis cette poche d’ennui, connaît très bien ce métal toxique à fusion lente qu’il coule dans son premier vinyle. (Le vinyle, une autre vanité des temps anciens.) Chicken a ficelé cette première malédiction tout seul, face à son home-studio, ses guitares, son bottleneck, son ampli, sa stompbox (“une boîte de saint-émilion customisée, millésime inconnu”), et des programmations de basse et de batterie qui le font parfois sonner “comme un groupe”. Il a voué cet album à toutes les gémonies qui font le bonheur ordinaire du genre, sa vitalité larvaire et sa noirceur orageuse… un état de choc général. Chicken se distingue pourtant de la nombreuse descendance de Jr Kimbrough, peut-être par le cachet : pas une faute de goût ici, ni dans la façon qu’il a de tordre ses malédictions, de sa voix souterraine, abrasive et rancunière, ni dans la façon de tordre le bruit, lovant ses riffs et croisant des fouets d’accords dans une harmonie barbare, avec une élégance reptilienne, peut-être pas mélodique mais presque swinguante. Ce swamp épais, pétri de terribles promesses, c’est aussi du blues.

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