autoportrait
Il y a dans la démarche d’An Mo toute la beauté des émotions : les mots témoignent de l’intime douloureux – la perte d’un proche – jusqu’à la conscience de l’évidence du désenchantement du monde. Pour autant, ici, rien ne s’achève : la lumière irrigue encore et toujours la puissance triomphante du vivant. Les partitions de Manuela Peschman et de Chris Brisbois – les têtes pensantes de la formation – puisent dans l’éclectisme des musiques d’aujourd’hui pour mieux nous dire la diversité du sentiment qui jamais ne s’éteint. Il est d’ailleurs impossible de s’y ennuyer : l’exploration de ces chansons nous conduit dans le labyrinthe de la quête humaine d’une vérité possible. L’on s’y perd alors pour mieux s’y retrouver à la gloire de l’universalité des sentiments, mais aussi de la compréhension intelligible de ce qui fait sens et sensation. Le projet d’An Mo est en ce sens la tentative d’un retour et d’un retournement : le retour à la sincérité et le retournement de ce qui nous pousse à l’effondrement. L’humain, donc, est divin et la mort n’est rien.

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