Le magnétisme de Pierre Walter irradiait déjà dans l’anti-folk de Loyola, dans la pop sucrée de Marxer, et récemment dans celle – plus électronique – d’Adrianans. Sa capacité à toucher chaque auditeur personnellement n’est diminuée par aucune formation, et c’est dans le plus simple appareil et caché derrière un pseudonyme impossible à mémoriser qu’il réapparait, espérant sans doute rester dans la modeste pénombre qu’il affectionne tant. Ces treize chansons enregistrées à domicile au quatre pistes avec des guitares, des synthétiseurs et une boîte-à-rythme, touchent par une fragilité qui pourrait rappeler celle des comptines cyniques des Magnetic Fields, et par ce songwriting classique, qui les rapproche de la désinvolture et de l’impertinence de Lou Reed, ou des rêveries de Paul McCartney. A l’ère de l’injonction à la qualité numérique, où tout est chassé par sa mise à jour, il est rassurant de savoir que certains veillent à perpétuer l’art d’arrêter le temps en utilisant un enregistreur qui restitue la réalité en low fidelity.

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