Le rap n’a pas bonne presse ces derniers temps. Il est devenu commun d’en dénoncer les trahisons sociales et sa récupération par le marché, la mise en scène du consumérisme clinquant, du machisme pornocrate et de la violence élevés au rang d’esthétique. Les résonances hardcore du gangsta rap et ses incarnations par les Bad Boys qui le revendiquent comme seul rap authentique, poussant les guerres d’ego et de territoire jusqu’au meurtre, seraient les manifestations éclatantes de la rupture avec la dimension consciente et politique des débuts. Pour preuve, dans la récente actualité, la spectaculaire et caricaturale altercation entre les rappeurs Booba et Kaaris en plein aéroport d’Orly, comme si les affrontements des gangs des ghettos devaient se parodier sur fond de boutiques de duty free.

Source : La battle du rap : genre, classe, race

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