Jusqu’aux années 1990, l’autoproduction de musique enregistrée était présentée comme un phénomène relativement marginal1 . La plupart des artistes avaient besoin des labels pour émerger, notamment en raison du coût élevé de l’enregistrement en studio, de l’édition et de la promotion par les radios et les chaînes de télévision. Ceux-ci étaient alors les principaux prescripteurs, mais les révolutions informatique puis numérique ont fortement bousculé ce modèle2 . Ces révolutions n’ont pas eu les mêmes effets sur l’autoproduction de spectacle vivant, dont il semble qu’elle relève aussi d’un phénomène ancien. Si l’autoproduction des artistes de la musique ne peut être présentée comme une situation nouvelle, il semble néanmoins que les logiques qui la sous-tendent aient changé et que son impact sur le secteur musical soit plus marqué ces dernières années. Cette étude exploratoire s’inscrit dans un contexte de méconnaissance de ce que recouvre l’autoproduction musicale aujourd’hui, de son ampleur, des caractéristiques des artistes autoproduits et des modalités de mise en œuvre concrète de l’autoproduction. Les transformations récentes du secteur musical permettent en partie de comprendre le nouvel essor de l’autoproduction des artistes de la musique (1). L’étude s’appuie sur un cadre théorique (2) et une méthodologie (3) adéquats.

Conclusion
Cette étude exploratoire poursuivait l’objectif de produire de la connaissance sur le phénomène de l’autoproduction des artistes de la musique en France. Si le phénomène est ancien, il semble qu’il se caractérise par des logiques et une ampleur nouvelles, qui justifient de chercher à mieux comprendre les impacts de celui-ci sur le secteur de la musique et sur les artistes de la musique. L’autoproduction de musique enregistrée et l’autoproduction de spectacle vivant ne doivent pas être confondues. La première se comprend à l’aune de la crise du disque, des évolutions des modes de consommation, de la démocratisation relative de l’accès aux outils de production. La seconde n’a pas autant été marquée par les révolutions technologique et numérique, et les artistes qui autoproduisent leur spectacle vivant ne semblent pas pouvoir concurrencer le développement de ceux qui sont produits, à la différence de ce que l’on observe dans la musique enregistrée. Par ailleurs, l’autoproduction des artistes de la musique est protéiforme, elle varie selon les niveaux de développement des artistes, leur notoriété et l’esthétique dans laquelle ils s’ancrent. Un enjeu de cette étude exploratoire était donc de dépasser une vision floue et éclatée de l’autoproduction musicale pour mettre en évidence ses ressorts mais aussi ses effets. Nous présentons d’une part quatre types de résultats (1) et présentons d’autre part aux possibilités de mise en place d’une étude quantitative sur les artistes autoproduits (2).

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