communiqué
Avec « The Hunter » (paru le 3 mars 2017), autoproduit et dispensé par L’Autre Distribution, le jeune bluesman qui marchait droit dans les pas des pères fondateurs s’est ouvert une nouvelle veine dans laquelle il voyage plus seul que jamais. Thomas Schoeffler Jr. signe là son disque le plus abouti et le plus personnel, dans lequel musiques enracinées fusionnent avec toujours plus d’audace à une énergie rock très moderne. Hank Williams et Scott H. Biram y côtoient désormais Joy Division (« Sauerkraut »), Nick Cave (« You’ve got love me better than I did »), Tom Waits et 16 Horsepower (« Hips and Lips »). Animée par le chant des adieux et l’esprit de revanche, « The Hunter » est une oeuvre d’un noir profond dans laquelle l’abandon pourtant se transcende (« My Baby kissed me Farewell »), l’errance se fait quête (« The Hunter ») et la musique opère la trans- mutation des métaux du désespoir et du rêve.

autoportrait
Un rocking chair berce un vieillard sous l’auvent d’une cabane de montagne, un ciel couleur ocre se couche derrière les pins et des renégats hurlent à la mort devant les portes d’un pénitencier du Midwest. Ce sont quelques unes des images de la musique de Thomas Schoeffler Jr, images d’un blues sanguin et d’un folk cendreux. Images d’un one-man band dont on ne sait plus s’il possède ses instruments ou si ce sont eux qui le possèdent. Où les cordes claquent puis caressent, où l’harmonica déchire le coeur, et la voix, reconnaissable entre mille, porte crânement les couleurs des condamnés, des bannis et des amours non-renouvelés.
Élevé dans le sud de l’Alsace, au sein d’une cité blessée par la mort des industries, c’est vers la musique que Thomas Schoeffler Jr dirige ses pas. Les premières idoles sont rock et grunge, puis il emprunte un autre chemin, frappé par les seigneurs de la country et du blues, Hank Williams, Johnny Cash et Mississippi Fred McDowell en tête. Parce que l’on y parle de quotidien morose, de démons intérieurs et de ce Dieu qui semble nous avoir tous abandonné.
Après un premier album remarquable en 2011, il sort un second disque trois ans plus tard, «Jesus Shot Me Down», et enchaîne les scènes qu’il ne finit plus d’en- flammer (Binic Folks Blues Festival, Jazz à Vienne, Blues sur Seine, Blues Rules Crissier Festival…).