autoportrait
Devenir Cochrane
La porte était entrouverte ce jour-là. Ne pas devoir fouiller ou chercher la clé, pour une fois, est un luxe pensa-t-il en poussant le battant.
Une lumière envahit la pièce. Il vit l’arme dans la housse, prit le tout et, flairant l’urgence, sortit sans se retourner.
Le monde dormait depuis trop longtemps.
Il savait où aller. Il suffirait de s’asseoir sur le plus haut rocher et de se laisser envahir par cette mer aux reflets argentés telle une banquise égarée.
Le contact du métal tendu sur l’ossature en bois de l’arme le fit trembler et tout s’accéléra. Sans rien demander, 31 mn et 37 sec plus tard, Il s’était métamorphosé en serial song-writer.
Quatre plages musicales avaient envahies ses membres et sa voix.
Devenir Cochrane..
Reprenant la route again again, il aperçut, dans cette caverne chauffée à blanc, 3 ou 4 cow-boys-hippies en plein duel. Il sortit son arme, chargea ses quatre cartouches et le coup parti !
Les balles se mirent à pleuvoir. Ces gars lui assenèrent des sons auxquels il n’était pas préparé. Serait-ce ça la “Blue Wave” ?
Mince alors songea-t-il, c’est quand même Ian McCulloch qui m’a donné le sein ! Pas Johnny Cash !!!
Ok du calme, restons lucide et polymorphe se raisonna-t-il. Il venait de comprendre la direction à prendre.
Il suffira de mettre cette chose étrange en boîte, seul, armé de bouts de ficelle et de son computer qui grincera un peu plus. Évidemment il savait qu’il ne passerait pas le mur du gros son avec tout ça mais il devait tracer sa route humblement et jusqu’au bout cette fois-ci… Le reste attendra.
(Au fait, et en aparté, avez vous déjà entendu parlé de la musicothérapie ?)
Un travail de fourmi s’installa alors et fit glisser le temps… (Echo)… le temps… le temps… Jusqu’à l’instant où il ne lui resta plus qu’à se regarder dans la glace, se faire tirer le portrait et l’accrocher sur le grand mur intemporel.

… Je suis Cochrane !